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  • : Le Blog de Wilfried Léandre HOUNGBEDJI
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  • Wilfried Léandre HOUNGBEDJI
  • Journaliste et écrivain béninois engagé. Auteur des livres: Liberté et Devoir de Vérité (mai 2008), Scandales sous Yayi (décembre 2008) et 2011...?! Chroniques d'une élection annoncée fatidique (décembre 2009)
  • Journaliste et écrivain béninois engagé. Auteur des livres: Liberté et Devoir de Vérité (mai 2008), Scandales sous Yayi (décembre 2008) et 2011...?! Chroniques d'une élection annoncée fatidique (décembre 2009)

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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 19:25

Elle s’appelle le Wolosso. C’est une danse-exhibition qui nous serait venue de la Côte d’Ivoire. Une sorte de strip-tease à l’africaine. Mais c’est l’indécence magnifiée. C’est l’immoralité dans son état sauvage. Et qui révèle un pan de la décadence de notre société. A l’occasion de soirées privées chaudement arrosées, la démonstration se fait. Les bars privés dits VIP ont poussé, ces temps derniers, comme des champignons dans la ville de Cotonou. Certaines boîtes de nuit ont la réputation de réaliser l’essentiel de leur chiffre d’affaires  grâce à la sulfureuse pratique. D’autres n’hésitent même pas, pour aguicher les consommateurs, à exposer des banderoles annonçant leurs rendez-vous wolosso. Si ce n’est pas le sexe à ciel ouvert, ça y ressemble fort. Il y va des gens de la jet-society, se rincer les yeux et parfois peut-être autre chose. Il y va aussi des autorités de tous rangs, de l’aveu même du tenancier d’un de ces clubs où la dépravation tutoierait l’Himalaya. Le drame, c’est qu’en plus, ces scènes mettent en évidence des jeunes filles dont on n’est pas sûr qu’elles aient toutes passé leur contrat avec la majorité. Car, à l’entrée des boîtes, on ne contrôle ni identité, ni âge.

 

Insidieusement, mais avec le silence complice et coupable des jouisseurs, le phénomène étendait ses tentacules. L’on n’avait pas idée de l’étendue du mal. Il aura fallu que l’une de nos compatriotes, une jeune dame, Benoîte Martine Makou, par un concours de circonstances, se rende dans l’une de ces boîtes chaudes de Cotonou, pour que le lièvre soit levé. Elle y découvre, restitue-t-elle avec indignation dans un mail devenu célèbre, comment des fillettes s’exhibaient, choisissaient à la volée leurs partenaires dans la foule, leur sautaient la braguette et satisfaisaient leurs envies libidineuses sous les yeux affamés d’autres clients. C’est l’extase pour eux. Ce soir-là en tout cas, Benoîte a vu au moins une fillette se comporter de la sorte. Elle ne supporte pas. Elle se fend donc de ce mail qui lui vaudra aussi des ennuis. Mais l’indignation se généralise. S’il n’était peut-être pas informé jusque-là, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique a fini par l’être. Peut-être à cause de l’ampleur que prenaient l’indignation et la dénonciation. Il aurait envoyé des taupes dans certaines de ces boîtes réputées. A l’arrivée, convaincu de l’existence de la pratique et certainement aussi de sa nocivité pour notre jeunesse, Armand Zinzindohoué réagit.

 

 « Il m’a été donné de constater que, depuis un certain temps, certaines boîtes de nuit s’adonnent à des activités contraires à la loi et aux bonnes mœurs. Il s’agit notamment de la pratique d’un rythme communément appelé Wolosso et exécuté par des jeunes filles qui procèdent à des exhibitions constitutives d’un outrage public à la pudeur, infraction prévue et punie par la loi. A cet effet, j’invite tous les propriétaires des boîtes de nuit qui s’adonnent à ces pratiques immorales à y mettre fin sous peine de fermeture de leur établissement et de poursuites judiciaires. Je compte sur la compréhension de tous les promoteurs de boîtes de nuit et le sens civique de chacun et de tous pour que cessent ces pratiques immorales et attentatoires à la pudeur ». C’est la substance du communiqué du ministre de l’Intérieur. S’il est énergique de menaces, s’il peut être contesté par les concernés en ce qu’il parle d’ « outrage public à la pudeur » alors que eux répondront que cela se passe en vase clos, il traduit au moins que les autorités sont désormais informées de la pratique. On saluera Armand Zinzindohoué d’avoir osé la dénoncer. On lui fera une fière chandelle quand ses hommes auront réussi à épingler certains tenanciers et qu’ils seront effectivement punis. Déjà, on peut l’encourager à continuer. Et souhaiter que cela ne reste pas que des mots.

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