Partager l'article ! Révision de la Constitution : Quel crédit accorder aux assurances de Yayi ?: Boni Yayi, le week-end écoulé, aurait réaffirm ...
Boni Yayi, le week-end écoulé, aurait réaffirmé sa volonté de ne pas s’accrocher au pouvoir à la fin de son mandat. Cela, il l’avait déjà laissé entendre le 6 avril lors de sa prestation de serment. Même si entre-temps sa révision de la Constitution serait passée par là, il assurerait que l’article 42 actuel, qui limite le nombre de mandats à deux, ne sera pas touché. Certes, la Constitution de 1990 pourrait être révisée sans qu’il soit attenté à cette disposition. Mais ce ne serait toujours pas la fin du débat. En effet, même si l’article 42 actuel n’était pas touché, la fixation d’un mandat unique de 7 ans comme le propose Albert Tévoédjrè, ou même la simple révision de la Constitution, sans définition d’autres balises, n’induiraient-elles pas, comme le soutiennent déjà plusieurs pontes du régime en privé, de grands débats sur la légitimité des prétentions éventuelles de Boni Yayi à postuler le bénéfice des nouvelles dispositions de la future Constitution ? Et quand on considère ce qui se passe au Sénégal en attendant de voir si Abdoulaye Wade sera effectivement dans la course en 2012, on devrait être mesuré et ne pas avaler goulument les assurances données ici et là. Car, demain, il pourrait être dit qu’il ne s’agit pas d’une révision opportuniste de la Constitution et que, tout s’étant passé légalement, Boni Yayi comme n’importe quel autre citoyen remplissant les conditions, pourrait jouir des droits que lui garantirait la future nouvelle Constitution. Si les choses se passaient ainsi que l’envisagent déjà certains caciques, c’est qu’il ferait même coup double. En effet, en ne touchant pas aux articles 42 et 44 actuels, on maintiendrait dans leur retraite politique ceux qui ont déjà atteint la limite de 70 ans, sans pour autant écarter ceux qui auront déjà effectué leurs deux mandats, au motif qu’il s’agirait d’une nouvelle Constitution et que les compteurs devraient être remis à zéro. Et revoilà Boni Yayi ? Sans jurer de quoi que ce soit à l’étape actuelle des choses, il conviendrait cependant de ne pas s’enhardir pour rien.