Partager l'article ! Après la validation de la loi sur la grève des douaniers: l'intégralité de la déclaration de Boni Yayi: ) Cotonou, le 01 oct ...
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Cotonou, le 01 octobre 2011
Béninoises, Béninois,
Mes chers compatriotes,
Fidèle aux principes de compte rendu et de reddition de compte chers à mon gouvernement, et à la suite de la rencontre que j’ai eue avec les agents des douanes à la retraite le 28 septembre 2011, je m’adresse encore une fois à vous.
Mais avant d’aller plus loin dans mes propos, je voudrais rendre grâce, en votre nom à tous, à Dieu Tout-puissant pour les riches bénédictions dont Il comble le peuple béninois chaque jour qu’Il fait.
Notre peuple poursuit inexorablement depuis son accession à la souveraineté internationale sa marche vers le progrès, le bonheur et la prospérité partagée. Il a bien compris qu’il doit se nourrir du fruit de son travail. En effet, c’est le travail qui crée la richesse et c’est par le travail que les nations hier, classées parmi les pays les moins avancés, sont citées aujourd’hui au rang des nations émergentes de notre planète.
C’est cette ambition légitime que j’ai toujours nourrie et que j’ai transcrite dans mon projet de société « En route pour un Bénin nouveau » et auquel vous avez massivement adhéré. Je n’aurai cesse de vous remercier pour cette marque de confiance renouvelée.
La mise en œuvre de ce projet de société passe inévitablement par des réformes, lesquelles réformes sont incontournables et offrent de nouvelles perspectives pour le deuxième cinquantenaire de notre indépendance et pour l’avenir des générations futures.
Malheureusement, certains de nos compatriotes, au lieu de placer les intérêts de la patrie au-dessus de tout, se complaisent dans des mouvements de grèves intempestifs à la moindre circonstance, parfois même dans un refus du dialogue, tout ceci sur fond de considérations politiciennes inavouées.
C’est le cas récemment des Agents de Douane qui choisissent ce mode d’expression au mépris de l’importance de leur rôle dans la mobilisation des ressources de l’Etat.
Conscient de ce que les Forces paramilitaires qu’ils sont et qui servent sous la bannière du drapeau national, munis du paquetage républicain et détenteurs d’armes, ne peuvent continuer de mettre l’économie et la sécurité nationales en péril, un groupe de députés a initié, comme vous le savez, une proposition de loi portant règles générales applicables aux Militaires, aux Forces de Sécurité Publique et Assimilés, visant à interdire à cette catégorie particulière d’Agents Publics, le droit de grève.
A cet égard, mon gouvernement estime que la Représentation Nationale a su, à sa juste valeur, apporter la solution qui convient à ces comportements récurrents qui particularisent notre pays par rapport à ceux de la sous-région.
Par le vote de cette loi, les députés ne dénient pas aux Agents des Douanes le droit syndical qui leur permet de défendre leurs intérêts corporatistes et professionnels.
Béninoises, Béninois,
Mes chers compatriotes,
En m’adressant à vous ce jour 1er octobre 2011, je voudrais vous réaffirmer ma détermination à faire appliquer la loi dans son intégralité. En effet, par décision n° DCC 11-065 du 30 septembre 2011, les sept Sages de la Cour Constitutionnelle viennent de déclarer la loi conforme à la Constitution.
Conformément aux dispositions des articles 9 et 10 de ladite loi, Les agents grévistes seront purement et simplement radiés de la Fonction Publique, je dis bien radiés de la fonction publique, au cas où ils persisteraient dans leur refus de respecter la loi.
Comme vous le savez si bien, nul n’est au-dessus de la loi, y compris le Président de la République et nul n’a le droit d’user de la violence pour compromettre la marche de notre nation vers la modernité. Nous rêvons tous d’un pays de paix, de stabilité politique, de sécurité, uni et mieux géré, à économie compétitive et de bien-être social, tout ceci dans le respect que nous nous devons mutuellement les uns les autres.
Un pays qui ne travaille pas court à son isolement au plan international et surtout à sa ruine. Je recommande à nos partenaires sociaux que sont les travailleurs de l’Administration publique, de recourir chaque fois au dialogue et à la concertation dans le respect des lois de la République et des conventions internationales auxquelles notre pays est partie.
Les mouvements d’incitation à la violence constituent des menaces à la tranquillité publique et une source de troubles sociaux dont notre pays n’a pas besoin. Retenons bien que cela n’arrive pas qu’aux autres.
Béninoises, Béninois,
Mes chers compatriotes,
Face aux nombreux défis qui nous attendent et aux nombreuses réformes pour lesquelles mon gouvernement s’est engagé, j’en appelle à la conscience des agents des douanes, à leur sens du devoir républicain et leur amour pour la patrie.
Maintenant que la Cour Constitutionnelle a confirmé la conformité de la loi à la Constitution du 11 décembre 1990, j’invite les agents des douanes à se retrouver avec leurs frères d’armes, pour élaborer et harmoniser leurs statuts que mon gouvernement s’engage à transmettre à notre Institution parlementaire en vue de leur adoption.
Quant à mes compatriotes importateurs, je les félicite pour leur dévouement et en appelle à leur esprit citoyen et de partage. Je les rassure de ce qu’ils seront davantage impliqués dans ces réformes que nous conduiront ensemble dans le but de sauvegarder l’économie nationale et de la renforcer.
Par la même occasion, je sollicite la compréhension et la contribution du peuple béninois tout entier pour que ces réformes que nous mettons en chantier soient conduites à bon terme dans le seul but de la satisfaction de nos besoins fondamentaux et de la grandeur de notre patrie.Je vous demande d’avoir à l’esprit que notre nation doit se moderniser et doit pour ce faire poursuivre les réformes qui à terme mettrons notre pays le Bénin sur le chemin de la croissance et de la prospérité.
Du fait de la morosité internationale dont la conséquence sera la rareté de l’Aide Publique au Développement, l’hypothèse de paix dans notre pays appuyée par les réformes dans tous les secteurs nous conduira à un taux de croissance d’au moins 8% pour les trois années à venir, suffisant pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement et l’éradication de la pauvreté.
C’est le prix à payer pour éradiquer la pauvreté qui accable encore bon nombre de nos compatriotes. Je sais que nous y parviendrons par la grâce de Dieu Tout Puissant !
Vive la République !
Vive le Bénin !
Je vous remercie.